Le Code du travail impose à l’employeur de mettre en place une organisation des secours, en liaison avec le médecin du travail. La formation spécifique de salariés aux gestes d’urgence peut permettre, dans ce cadre, d’organiser un dispositif d’alerte et d’assurer les premiers secours, avant la prise en charge de la victime par les services de secours extérieurs professionnels et médicalisés. L’article R.4224-15 du Code du travail impose, en outre, la formation de secouristes dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux et dans chaque chantier employant 20 personnes au moins pendant plus de 15 jours où sont effectués des travaux dangereux. En outre, l’article R.4224-16 du code du travail stipule qu’en l'absence d'infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas d'assurer une présence permanente, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Enfin, l’article L. 4141-2 du Code du travail fait obligation à tout chef d’établissement d’organiser une formation pratique et appropriée en matière de sécurité au bénéfice notamment des travailleurs qu’il embauche ou qui changent de poste de travail. Cette formation doit instruire le salarié sur la conduite à tenir lorsqu’une personne est victime d’un accident ou d’une intoxication sur les lieux de travail (articles R. 4141-3 et R. 4141-17). Elle lui enseignera que faire en cas d’accident et qui alerter. Pour répondre à ces obligations légales, le réseau Prévention de la Sécurité sociale (INRS – Assurance maladie risques professionnels) a mis en place dès 1957 un dispositif de formation particulier dénommé « sauvetage secourisme du travail » (SST) qui permet de former et de disposer dans les entreprises, de personnels particulièrement sensibilisés aux risques professionnels. En 1962, deux circulaires de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnam TS) fixent le cadre de la formation sauveteur secouriste du travail. Elles précisent le nombre de secouristes dont une entreprise doit disposer et actent la création du certificat de sauvetage secourisme du travail. La Circulaire CnamTS – CIR 150/2003 du 2 décembre 2003 instituait le système de démultiplication des formations SST avec les niveaux acteur SST et moniteur SST (devenu ensuite formateur SST). Le 3 décembre 2010, une nouvelle circulaire Cnam TS n° 32/2010 donne à l’INRS les prérogatives pour établir et mettre à jour les nouveaux référentiels. Depuis le 1er janvier 2011, un document de référence, établi par l’INRS, définit pour l’ensemble du dispositif les référentiels d’activité, de compétences et de certification, qui sont mis à jour régulièrement. La formation est sanctionnée par la délivrance d’un certificat de SST. Cette formation est assurée par des formateurs eux-mêmes certifiés et travaillant dans des organismes de formation ou les entreprises habilités par le réseau INRS – Assurance maladie risques professionnels selon un règlement d’habilitation, des cahiers des charges, et un document de référence qui sont mis en ligne sur le site internet de l’INRS. Conseillé par le médecin du travail, l’employeur évalue le nombre de SST adapté à son entreprise. Le nombre est à évaluer à partir des effectifs, des risques propres aux entreprises, de la nature des activités, des horaires, et en fonction de répartition géographique des différents sites d’une même entreprise. Il est cependant recommandé dans la pratique de dépasser les obligations réglementaires afin de disposer dans chaque entreprise de personnels formés SST, en nombre adapté et bien répartis, capables d'intervenir efficacement en cas d'accident. Chaque année, plus d’un million de salariés sont formés (formation initiale et maintien et actualisation des compétences) en SST.